Je suis devenu végétarien malgré moi.

  Je suis issu d'une famille où la tradition place la viande comme étant le point principal du repas. Cette viande, nous l'abattions nous même dans le jardin le matin pour la manger, à midi, en famille.   

  Personne ne m'a jamais dit que manger de la viande tous les jours ce n'était pas une obligation, ni une nécessité vitale.

  Plus tard, durant mes cours d'infirmier, on m'a parlé des carences alimentaires possibles à cause de l'absence de viande chez les végétariens. On ne parlait pas des bienfaits et des avantages d'une alimentation non carnée et variée. Le végétarisme était vu avec suspicion telle une déviance.

  2012, je suis devenu végétarien car je n'ai pas de frigo. La viande ne se conserve pas, elle sent très mauvais très vite et devient impropre à la consommation. Pour le coup, je me suis orienté vers les légumes que je commande dans différentes coopératives. M'éloigner des grandes surfaces de distributions m'a également éloigné de la tentation carnée. Cette mauvaise viande chère de supermarché que l'on vend dans des rayons lumineux qui donne une couleur rose à de la viande. Ce poulet gonflé aux additifs comme la bouche au collagène d'une starlette sur le retour, la merguez fourrée... au porc. Autant de contradictions et de subtilités publicitaires pour me vendre un truc dégueulasse ont fini par me donner la nausée et de la colère.

  C'en fut trop.

  Je tourne maintenant aux légumes, fruits et légumineuses.
  J’ai tourné le dos à la viande, mais des questions se posent à moi. J’entends des arguments ; la cause animale, le bien-être animal, … Ca résonne dans mon oreille. « Être contre l’exploitation des animaux par l’homme ». Ca ressemble à « dénoncer l’exploitation de l’homme par l’homme ». Et pourquoi pas de l’homme par l’homme et de l’animal par l’homme. Je rejoins sur ce point les arguments véganistes mais avec une grille de lecture marxiste (oui, excusez le gros mot).
  On parle de 25% de nourriture gaspillée dans le monde, 1,3millard de tonnes aux poubelles. Combien de nourriture sacrifiée alors que toutes les bouches ne sont pas nourries. Combien de rejet de méthane par les gaz de vache dans l’atmosphère pour rien. 1 personne sur 9 souffre de malnutrition et plus de 3 millions d’enfants de moins de 5ans en meurent, par an, de malnutrition dans le monde. Le temps d’écrire cet article, statistiquement, 10 enfants y sont passés.
 L’addition morale commence à faire chère.
 Le véganisme dans un mode économique de production massive qui a pour objectif un rendement maximum en $$ n’aura jamais la récompense de ses vertus.

 

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